La fin de la Mondialisation ?

Des changements géo-politiques majeurs sont en cours. Les derniers sommets du G7 et de l’OCS ont été très riche en enseignements. Afin de mieux comprendre, voilà un recueil d’analyses.

 

La diplomatie française retiendra-t-elle les leçons des sommets internationaux de Charlevoix et de Qingdao ?

Emmanuel Macron et ses conseillers semblent incapables de comprendre cette réalité et d’en tirer les conclusions qui s’imposent. Au lieu de chercher, avec le plus grand nombre d’États du monde et les puissances émergentes, à défendre le multilatéralisme, la paix et la coopération, qui garantissent aussi les intérêts de la France, il continue de croire qu’une « offensive de charme » et d’à-plat-ventrisme lui permettra, ainsi qu’à l’Europe, de gagner les faveurs tant convoitées du parrain américain. Imbibé d’un tel esprit d’abandon et de fausse assurance, la diplomatie française risque de ne tirer aucune leçon de ces sommets internationaux.

Source : Antoine Carthago

 

Images en synthèse

Le contraste flagrant entre le G7 et le sommet de l’OCS, entre l’ancien monde qui se délite et le nouveau monde qui émerge n’a, cette fois-ci, échappé à personne. Même un média comme Le Monde s’en est fait écho, c’est dire. La prise de conscience qu’un changement de paradigme géopolitique est en voie d’achèvement va à présent se répandre inexorablement. Bienvenue dans le XXIe siècle

Source : Régis Chamagne

 

La fin du monde « made in » america ? G7 vs OCS !

En effet, pendant que nos 7 chefs d’État du monde libre jouaient au bras de fer et à la division, pour ne pas dire à se taper dessus dans une guerre fratricide, les chefs d’État du monde occupé et du clan je suppose des méchants, à savoir la Chine et la Russie, étaient réunis avec leurs alliés dans un truc du même principe que le G7 mais appelé OCS pour Organisation de Coopération de Shanghai ! Le G7 et l’OCS ont définitivement remplacé l’Otan et le Pacte de Varsovie. Les logiques d’affrontement restent identiques.

Source : Charles Sannat

 

Alors que le G7 implose, la réunion de l’OCS confirme le nouveau siècle de la multipolarité

Les changements historiques dont nous sommes témoins n’ont jamais été aussi évidents que ces derniers jours. Le sommet du G7 a mis en évidence les limites de l’alliance atlantique, tandis que la réunion de l’OCS ouvre des possibilités sans précédent pour l’intégration eurasienne.

Source : Fédérico Pieraccini

 

Trump saborde le G7, et menace ses alliés de nouvelles taxes

La mondialisation heureuse », c’est fini.
En 1997, aux éditions Plon, l’européiste Alain Minc publie un livre hilarant : « La mondialisation heureuse. »
Dans ce livre au comique involontaire, le neuneu Alain Minc se félicitait de la chute du Mur de Berlin, en novembre 1989 : depuis la chute du Mur, toute l’espèce humaine faisait du commerce, toute la planète se lançait dans le commerce mondial, la mode était au libre-échange mondial généralisé, c’était la fête.
29 ans après la chute du Mur, la soi-disant « mondialisation heureuse » aboutit à un désastre total : désastre économique, désastre financier, désastre social, désastre environnemental.

Source : Bruno Arfeuille

 

Poutine et Xi supplantent le G6 + 1

Est contre Ouest : le contraste entre les « deux sommets rivaux » ce week-end a été quelque chose d’énorme pour les livres d’histoire.

Trump, malgré toutes ses incohérences vertigineuses, semble avoir compris que le G7 est un mort-vivant, et que le cœur de l’action tourne autour de la Chine, de la Russie et de l’Inde, qui ne forment pas par hasard le nœud dur du BRICS.

Source : Pepe Escobar

 

La fin programmée de la mondialisation.

Pendant des décennies, on nous disait qu’il fallait tout simplement accepter que la mondialisation se mette en place. Jacques Parizeau, en 2001, la comparait à la marée pour illustrer qu’on ne pouvait la remettre en question. Il faut donc aujourd’hui accepter qu’elle va s’éteindre.

Source : SIMON-PIERRE SAVARD-TREMBLAY

 

Le grand retour du peuple et de la nation souveraine.

On doit la construction européenne d’aujourd’hui à Jean Monet qui haïssait à la fois la nation (cause de toutes les guerres) et la démocratie (source de faiblesse politique), ce qui en soi était à la fois idiot et faux historiquement puisqu’après tout, il n’y a jamais eu de guerre entre deux démocraties.

Et donc les disciples de Jean Monet, tous hauts fonctionnaires, tous non élus (belges, hollandais allemands mais surtout français,) ont créé au travers du temps deux étages d’abandons de souveraineté.

Dans un premier temps, chacun des pays de la communauté a abandonné des pans entiers de sa souveraineté à des institutions européennes non démocratiques, banque centrale, cour de justice, commission, cour des droits de l’homme et que sais-je encore.

Et puis, une fois ces pouvoirs arrachés à chaque nation, on les transféra encore plus haut à des organisations « mondiales » du style ONU.,WTO, OMS ou vers des traités visant à « sauver la planète » (accords de Paris) qui empêchent les entreprises européennes ou américaines de faire concurrence à leurs consœurs Indiennes ou Chinoises autorisées à polluer autant qu’elles le désirent.

Premières et seules victimes, les PEUPLES, les locaux.

Seuls gagnants, les hommes de Davos et le capitalisme de connivence.

Pour sauver les peuples européens de la misère et de l’esclavage auxquels ils sont promis, il faut sortir Bruxelles de l’Europe (appelons cela le Bruxit), c’est-à-dire détruire l’appareil politique supra national érigé à Bruxelles depuis 1990 et qui n’a aucune légitimité démocratique, faire disparaître le monstre financier qu’est l’Euro et renvoyer à leurs chères études les Barnier de ce monde.

Source : Charles Gave

 

G7: La fin de l’ordre ancien

Pour survivre comme pays et comme société avec ses règles et ses principes spécifiques, notre pays doit rompre tant avec la domination allemande qu’avec la domination américaine. Il doit retrouver sa souveraineté plein et entière, et cherche à nouer de nouvelles alliances, par exemples justement avec l’OCS, car la présence de la France dans l’océan Indien la qualifie pour un poste d’observateur à l’OCS. Elle pourrait, alors, retrouver sa fonction de balancier entre les Etats-Unis et leurs vassaux et le nouveau monde qui est en train de se développer vers l’Asie.

Source : Jacques Sapir

 

Un billet d’humeur (si, si, bonne) : Le G7 est mort, que faire d’un G6 ? Rien

Le modèle global mis en place par les Etats-Unis à la fin de la Seconde Guerre mondiale s’écroule sous nos yeux. Les Etats-Unis modifient les règles du jeu.

Mais combien reste-t-il encore d’Etats souverains? La mondialisation fonctionnait au prix du renoncement des pays à leur souveraineté en contrepartie d’une protection américaine, payée par la priorité des intérêts stratégiques américains. Or, comme le titre le New York Times, c’est ce monde que Trump détruit.

L’enfant chéri de la nouvelle Amérique pourrait ne plus être l’Allemagne, ni la France, mais l’Italie. La nouvelle Italie, qui revendique une souveraineté au sein de l’UE. Qui revendique une Europe des Etats, ayant droit à leurs intérêts stratégiques. L’Italie, qui peut être le maillon faible de l’UE. Mais un pays dans la ligne de mire, que l’UE va tenter à n’importe quel prix de transformer sur le modèle Tsipras. Alors, l’intervention de Trump soutenant officiellement ce nouveau gouvernement va lui donner du poids.

Et face à cette crise, l’on a pu assister à la réunion des pays de l’Organisation de Shangai, réunion très constructrice entre pays qui défendent leurs intérêts propres. Deux mondes qui s’affrontent. L’un qui se dépérit, l’autre qui se relève. Et l’excellent réaction du porte-parole du Kremlin concernant la proposition de réintégrer la Russie dans le G7: la Russie a aujourd’hui d’autres priorités.

Source :  Karine Bechet-Golovko

 

Sommet de l’OCS (Organisation de Coopération de Shangaï)

L’OCS compte parmi ses membres la Russie, la Chine, l’Inde, le Pakistan et plusieurs pays d’Asie centrale.

La Chine devrait pousser lors du sommet ses « Nouvelles routes de la soie », colossal projet d’infrastructures à travers l’Asie, l’Europe et l’Afrique.

Moscou, comme Pékin, voit dans l’Organisation de Shanghai un moyen de faire contrepoids à l’influence des Etats-Unis et de l’Otan.

L’OCS pourrait accorder un statut de membre à l’Iran pour lui témoigner son soutien face au retrait américain de l’accord nucléaire.

Source : Romandie (9 Juin)

 

Satisfaite du G20, la Russie n’a pas l’intention de réintégrer le G8

«Au sein du G20, les ultimatums ne marchent pas et vous avez besoin de parvenir à des accords», a indiqué M. Lavrov, vantant le format du G20 comme «un mécanisme destiné à parvenir à un consensus». «Je pense que c’est le format le plus prometteur pour l’avenir».

Source : L’Avenir (9 juin)

Le G7 prétend débattre de sujets mondiaux comme la croissance ou le commerce international tout en mettant sur la touche des géants comme la Chine, l’Inde et le Brésil. Représentant moins de 10% de la population mondiale et moins de 50 % du PIB mondial, le G7 est une scorie du passé.

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